La Lettre DietNet, l’histoire continue….
1995 : Une newsletter par fax de 2 pages, dédiée aux diététiciens
2002 : La première transformation de cette newsletter fax en un site internet
Aujourd’hui, « La Lettre DietNet », une nouvelle lecture scientifique destinée aux diététiciens et infirmiers, envoyée par e-mail au cours de l’année.
Dans ce premier numéro, nous vous proposons de découvrir, un article scientifique sur la nutrition et le cancer, un article sur la déshydratation, ainsi que les annonces congrès et bien sûr un petit clin d’œil.
Toute l’équipe de « La lettre DietNet » vous souhaite une très bonne lecture !
Nutrition et cancer
L’espérance de vie en France a connu une amélioration spectaculaire au cours du XXème siècle principalement par le recul de la mortalité dans les maladies infectieuses et cardiovasculaires mais en dépit de l’amélioration des techniques de dépistage et de diagnostic et malgré les prises en charge thérapeutiques en perpétuelle évolution et évaluation, la mortalité par cancer continue à progresser.
Elle est aussi la conséquence de la sécrétion de cytokines anorexigène (TNF, inter-leukines 1…) de la dépression, de l’anxiété et des diverses algies engendrées par les maladies cancéreuses. De plus, les thérapeutiques (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, traitements morphiniques) seront de possibles causes de réduction des apports par leurs conséquences et effets indésirables (modifications anatomiques post-chirurgicales, asialies, mucites, mycoses, diarrhées, nausées…).
La mucite, une complication spécifique des traitements radio et chimiothérapeutique est un facteur de dénutrition majeur.
En effet, l’atteinte de la muqueuse sur la totalité du tractus digestif va gêner l’alimentation orale, perturber l’absorption des nutriments et entraîner des diarrhées.
Par ailleurs, des anomalies métaboliques spécifiques aux cancers participent à la dénutrition du patient. Ces perturbations concernent les métabolismes lipidique, protidique et glucidique. Elles peuvent être soit la conséquence de la modification du métabolisme de l’hôte soit de la sécrétion de médiateurs par la tumeur. Ainsi, un excès de protéolyse s’exprime particulièrement au niveau musculaire et par l’action entre autre, de cytokines pro-inflammatoires. La tumeur peut produire un facteur induisant la protéolyse (PIF : proteolysis inducing factor) qui stimule le catabolisme protéique. Le métabolisme lipidique est perturbé essentiellement par la production tumorale de LMF (lipid mobilising factor) qui a une action lipolytique.
Mais, la dénutrition ne doit pas être une fatalité inévitable du cancer. Sa prise en charge et sa prévention doivent permettre une meilleure tolérance au traitement et une amélioration de la qualité de vie. On s’attachera à intervenir le plus précocement possible, idéalement avant de débuter les traitements spécifiques du cancer. La prise en charge nutritionnelle devra privilégier le maintien de l’alimentation orale en l’adaptant au contexte lors de consultations diététiques en début de traitement et lors de consultations de suivis. On pourra s’appuyer sur des produits de complémentation orale hyperprotidiques, hypercaloriques, standards ou spécifiques (Clinutren Protect) ou si l’alimentation orale est insuffisante ou impossible (selon le type de cancer, sa localisation et le traitement prévu) on préférera la nutrition entérale à la nutrition parentérale. Le soutien nutritionnel devra être poursuivi pendant tout le traitement anti-cancéreux et à son décours jusqu’à l’amélioration du statut nutritionnel du patient.
La réduction de la malnutrition permettra d’améliorer la qualité de vie du patient, de réduire la survenue des complications. Ainsi la tolérance aux traitements sera plus grande et l’efficacité thérapeutique pourra ainsi être indirectement améliorée, non pas en augmentant la réponse aux traitements carcinologiques mais en permettant la réalisation complète des protocoles prévus. Le support nutritionnel représente donc un traitement adjuvant majeur en cancérologie.
C'est l'été ! Comment prévenir la déshydratation des patients
L’eau est l’élément quantitativement le plus important de l’organisme (entre 60% du poids chez l’adulte et 80% chez le nourrisson). Le maintien de l’équilibre hydro-électrolytique indispensable à la vie est lié à un puissant régulateur des entrées d’eau, la soif. Les sorties sont elles, essentiellement régulées par l’hormone antidiurétique (ADH) au niveau du rein. Le bilan entrées-sorties doit être nul pour maintenir une hydratation correcte.
L’eau est essentielle à la vie : elle régule le volume des compartiments intra et extra cellulaires, assure le transport des nutriments vers les cellules et l’élimination de leurs déchets métaboliques et enfin joue un rôle dans la thermo-régulation. La répartition de l’eau dans l’organisme n’est pas uniforme mais liée à la masse maigre et aux phénomènes osmotiques qui la déplacent d’un compartiment à l’autre.
Les apports hydriques quotidiens sont constitués, pour une alimentation moyenne, d’environ 1,3 litre, apportés par les aliments, de 1,5 litre par les boissons et d’une production métabolique pouvant être évaluée à 300 ml. Les besoins minimum totaux en eau pour l’adulte sont de 30 ml/Kg/j soit 1500 à 2100 ml/jour pour un poids allant de 50 à 70 Kg (jusqu’à 100 ml/Kg/j pour un nourrisson). On remarquera la part importante de l’eau des aliments et que toute diminution des ingestas impliquera un déficit en eau. Les pertes hydriques de l’organisme sont essentiellement constituées par l’urine (1,5 l/jour) mais aussi la sudation et la perspiration (200 ml/j) et par l’élimination de vapeur d’eau par la respiration (300 ml/j).
Il faut aussi tenir compte des pertes supplémentaires liées à la chaleur ambiante, comme dans les épisodes fébriles ainsi que lors de vomissements et des diarrhées.
La déshydratation peut donc résulter d’une réduction des apports hydriques et/ou d’une augmentation des pertes en eau.
Les situations à risque :
les fortes chaleurs : l’exposition d’un individu à une température environnementale élevée requiert, pour maintenir un équilibre hydrique, des mécanismes de thermorégulation fonctionnels et suffisamment efficaces.
Un adulte en bonne santé peut tolérer une variation de sa température corporelle de 3 degrés sans que ses performances physiques ou mentales en soient altérées.
Les pertes de chaleur se font principalement au niveau de la peau par augmentation de la température cutanée liée à l’augmentation du débit sanguin. Elles se font aussi par évaporation respiratoire.
Au cours des vagues de chaleur, l’évaporation est le seul moyen efficace d’éliminer la chaleur produite par le métabolisme ou transmise par l’environnement. C’est l’évaporation de la sueur qui crée le refroidissement. Il faut être capable de produire de la sueur, donc ne pas être déshydraté. Ensuite, que l’air ambiant ne soit pas saturé en eau et soit brassé (ventilateur, courant d’air) pour capter la sueur ainsi vaporisée et en conséquence dissiper la chaleur corporelle. Une diurèse normale (autour de 1,5 l d’urine par jour) est un indicateur d’une bonne hydratation.
Le vieillissement et les polypathologies altèrent la capacité de la personne à supporter la chaleur.
chez la personne âgée, les réponses physiologiques sont modifiées :
les différentes maladies sous-jacentes (hypertension, diabète, dysphagie, maladie d’Alzheimer….), la polymédication (laxatifs, diurétiques, sédatifs…) les conséquences physiologiques (fièvre, diarrhées, vomissements, polyurie) sont des facteurs de risque de déshydratation.
La diminution des apports alimentaires participe, comme nous l’avons vu, à la déshydratation. La diminution des ingestas est fréquente chez les sujets âgés et les patients en situation d’agression pathologique ; il serait nécessaire d’augmenter la quantité d’aliments et de boissons alors que c’est souvent l’inverse qui est observé.
Conseils de prévention et prise en charge de la déshydratation → Apports hydriques
A domicile :
rappeler aux personnes âgées que la quantité de boisson nécessaire augmente avec l’élévation de la température.
Les inciter à boire régulièrement, même sans soif, par petites quantités. Des boissons fraîches, au goût agréable (aromatisations variées), permettent d’augmenter notablement les volumes ingérés.
Enfin, encourager la consommation de légumes ou de fruits riches en eau (tomates, pastèques, agrumes…).
A l'hôpital ou en institution :
l’équipe médicale doit surveiller les prises alimentaires et les boissons. Toute personne entrant dans la chambre peut proposer à boire à la personne âgée. La qualité de la boisson proposée doit également être surveillée : changer l’eau dans le verre, fractionner les compléments oraux (type Clinutren) et les changer régulièrement en raison du risque augmenté de contamination de ces liquides nutritifs concentrés.
En pratique et pour une personne adulte en bonne sante, les besoins moyens en eau de boisson sont évalués autour de 1,5 litre/jour.
En gériatrie, avec l’arrivée des chaleurs estivales et à cause des modifications physiologiques liées aux pathologies et/ou à l’âge, la déshydratation plus fréquente est un facteur de complication de l’état du patient.
Il est donc important de dépister systématiquement les patients à risque et d’utiliser tous les moyens d’hydratation disponibles sans oublier l’incidence de la dénutrition.
Tous chez votre maraîcher !
Nous savons que la consommation de fruits et de légumes favorise le maintien d’une bonne santé.
De récentes recherches ont montré que le soja et le brocoli auraient un rôle dans la réduction du potentiel invasif et métastatique de cancers.
De plus, une autre étude a montré qu’un régime riche en flavonol, c’est à dire pomme, oignon, chou, épinard réduirait le risque de cancer pancréatique.
Enfin, il faudrait manger environ 12 portions de fruits et légumes pour 2000 calories pour réduire de 1/3 le risque de cancer de la tête et du cou.
Donc, rendez-vous chez vos primeurs et faites tourner vos mixeurs !
Annonces : Congrès
Université d'été de nutrition 2007 : nutrition préventive, évolution de l'offre alimentaire et alimentation durable – 19/09/2007 au 21/09/2007
Clermont Ferrand
A. Mauray, CRNH Auvergne,
Centre de Recherche en
Nutrition Humaine d'Auvergne